Didier Barrière

Souvenirs brouillés du palais typographiqueSouvenirs brouill�s
160 p. (18 x 27,5, à l'italienne) ; ISBN: 978-2-86742-168-6 ; 2010 ; 36 €.
l’un des trente exemplaires numérotés sous coffret 120 €.
120 photographies imprimées en bichromie.

Olivier Doual a des années durant photographié les ateliers de l'Imprimerie nationale, rue de la Convention. Didier Barrière est de longue date correcteur dans la célèbre maison. Tous deux ont construit un livre à la fois de mémoire et de calme nostalgie. En périodes organisées autour des thèmes du plomb, de la fonte, des papiers, des lettres, des outils, des arts de l'estampe… ils nous convient à un voyage au coeur de l'univers et des lieux où longtemps ont été réalisés des livres comme il est devenu impensable
de les rêver… Un tirage limité à mille exemplaires, pour un livre dont à ce jour rien de comparable n'a jamais paru.

« Homme de plume et homme de l’art : un livre est le lieu de réunion de ces deux figures essentielles, qui ne peuvent fusionner sans un sérieux apprentissage de leurs activités respectives. On juge mieux de la validité ou de la désuétude de tel usage typographique, par exemple, si l’on a une vision concrète des efforts qu’a dû faire l’intelligence au cours de l’histoire pour surmonter les contraintes de la matière et réaliser par ce défi une sorte d’équilibre harmonieux de la page et du support.

Nul passéisme quand on affirme que l’art de Gutenberg pouvait encore fournir quelques clefs – ne serait-ce que par son riche vocabulaire qui a laissé des traces dans les opérations du claviste moderne – et que ses vertus pédagogiques demeurent intactes pour initier aux écritures mécaniques (ars artificialiter scribendi).

Bien plus encore, ce qui devrait profondément attrister dans la “chute du palais typographique”, ou dans ce que nous avons tenté de résumer par cette image, c’est la perte de gestes. Que chaque individu ne puisse encombrer son cerveau de techniques obsolètes qui l’empêcheraient de progresser dans sa spécialité, cela se comprend. Mais que tant de gestes qui avaient passé l’épreuve du temps, significatifs de l’ingéniosité technicienne développée par des hommes obscurs, particulièrement dans l’industrie des arts graphiques, finissent par disparaître faute de transmetteurs, cela ressemble à une perte irréparable pour toute l’humanité. Autant que d’une bibliothèque ou d’une base numérique, l’homme a besoin d’un conservatoire de gestes vivants pour alimenter sa recherche, voire stimuler sa capacité d’invention.

Voilà pourquoi nous avons voulu montrer les lieux où s’accomplissaient de tels gestes, des lieux dépourvus aujourd’hui de toute présence humaine mais combien chargés d’empreintes et de souvenirs. Dans cette promenade à travers les ruines du palais, le visiteur sensible, l’amoureux des livres, tel un Schliemann de l’archéologie industrielle, se prend à croire pour un instant à la résurrection d’un patrimoine. »

Extrait de la préface de Didier Barrière

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Le lecteur perpétuel

«Aussi, dès mon retour sous le ciel grisâtre de l'Europe, me suis-je rattrapé par d'intensives lectures, véritable bain littéraire pour secouer l'esprit de sa torpeur due au soleil. Mes choix se portèrent essentiellement sur des auteurs de référence que je voulais cultiver depuis longtemps. Je n'eus pas à regretter ma sélection.
Un matin d'automne, dans la partie orientale du cimetière Montparnasse, j'eus le bonheur de lire sur un banc le très court et très beau texte documentaire de Jean Glarisse, L'Yvette, portrait passionnant d'une rivière déchue à l'âge industriel, écrit dans un style qui fouille les choses et donne envie d'explorer tous les trésors poétiques menacés de notre paysage urbain.»

Le lecteur perpétuel s'enferme dans les livres. Il se blottit dans l'épaisseur d'un volume, se recroqueville, s'ensevelit dans une masse de papier, d'encre et de carton, comme une fleur sèche qui s'incorpore à son herbier. Et il devient lui-même un livre, caché dans ce costume au fond d'une bibliothèque, nourri de paroles cristallisées. Vous qui n'aimez pas lire, vous ne sauriez le convaincre qu'il n'est pas dans le monde réel. Seul un autre lecteur pourrait le faire sortir de son étagère.

32 p. (11,5 x 17) ; ISBN: 978-2-86742151-8 ; 2007 ; 12 €.


Un correcteur fou à l'Imprimerie royale : Nicolas Cirier

«Il est dans la littérature des chefs-d'oeuvre singuliers par leur forme, inclassables, illisibles au premier abord. Mais que dire des ouvrages qui ne bouleversent pas seulement les conventions de la grammaire et du style? Comment juger un livre qui transgresserait toutes les règles de la typographie au point d'être à peine manipulable, un objet bizarre qu'on ne saurait par quel bout prendre et qu'on ne pourrait parcourir sans un redoutable mal de tête?... C'est un peu la réflexion que suscite L'Apprentif administrateur, grimoire composé en un corps minuscule, brochure informe de Nicolas Cirier, qui fut correcteur à l'Imprimerie royale de 1828 à 1836...»

On pourra pour de plus amples renseignements contacter l'auteur à l'Imprimerie nationale.

80 p. (14 x 21,5) ; ISBN: 2-86742-014-1 ; 1987 ; épuisé.
(Exemplaire luxe: 120 €).

Sur Nicolas Cirier, voir aussi :

Nicolas Cirer (Éditions des Cendres)
Les Fous Littéraires, André Blavier (Éditions des Cendres)

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