Xavier Forneret
Extrait de L'impossible Monsieur Xavier par François Bott, Le Monde, rubrique “Histoires Littéraires”, 11 février 1994
André BRETON - Extrait de l'Anthologie de L'Humour Noir, J.J.
Pauvert éditeur.
Paru dans la revue Minotaure, n°10, en 1937.
Le Diamant de l'herbe
Xavier Forneret
Selon, je crois, des dires, le ver luisant annonce par son apparition plus ou
moins lumineuse, plus ou moins renouvelée, plus ou moins près
de certain endroit, plus ou moins multipliée, car, toujours selon les
dires, il se meut sous l'influence de ce qui doit advenir, le ver luisant présage
ou une tempête sur mer, ou une révolution sur terre : alors il
est sombre, se rallume et s'éteint ; puis un miracle : alors on le voit
à peine ; puis un meurtre : il est rougeâtre ; puis de la neige
: ses pattes deviennent noires ; du froid : il est d'un vif éclat sans
cesse ; de la pluie : il change de place ; des fêtes publiques : il frémit
dans l'herbe et s'épanche en innombrables petits jets de lumière
; de la grêle : il se remue par saccades ; du vent : il semble s'enfoncer
en terre ; un beau ciel pour le lendemain : il est bleu ; une belle nuit : il
étoile l'herbe à peu près comme pour les fêtes publiques,
seulement il ne frémit pas. Pour une enfant qui naît, le ver est
blanc ; enfin, à l'heure où s'accomplit une étrange destinée,
le ver luisant est jaune.
Je ne sais jusqu'à quel point ces dires doivent être crus ; mais
voici : je raconte.
Par un soir où tout le souffle des anges volait sur la figure des hommes
; par un de ces soirs où l'on voudrait avoir mille poumons pour leur
donner à tous cet air qui semble venir des jardins du ciel ; sous d'énormes
et vieux arbres plantés dans des brins d'herbe, un pavillon étalait
à la lune ses ailes oblongues et délabrées.
Il y avait là de l'eau qui pleurait en passant sur un lit d'épines.
Il y avait là bien des pierres verdâtres où les doigts du
temps avaient fait de gros trous ; bien de la mousse autour des pierres ; bien
des feuilles sèches de trois ou quatre années peut-être
; bien du mystère, bien du silence, bien de l'éloignement de tout
ce qui a vie humaine. Là, un homme aurait pu se croire le premier ou
le dernier homme, à la création ou au jugement de Dieu. Oh ! comme
la lune paraissait offrir à chaque feuille des vieux arbres, à
chaque pierre du pavillon, à l'eau qui s'en allait, aux ronces qui l'arrêtaient,
sa mélancolie grave et ses larmes blanches ! Mais bientôt elle
se lassa de regarder la terre, se couvrit pour un instant d'un voile presque
noir, et alors il n'y eut plus pour éclairer les choses du lieu abandonné
qu'un léger feu sur l'herbe. C'était un petit ver luisant qui
jaillissait de tous côtés en étoiles ; il prédisait
beau jour, après la nuit qui passait.
Du chèvrefeuille venait, par le toit du pavillon, se glisser à
travers ses fenêtres, se tordant et se laissant choir de vieillesse ;
et quand la lune reparut, le pavillon ressemblait à une tête blanche,
ayant à son sommet de longues tresses de cheveux verts qui allaient caresser
des yeux remplis de larmes de pierre.
Sur le pavé saupoudré de poussière et de vieux plâtre
se décollant du plafond et des murs de la demeure en ruine, on apercevait
des pas d'homme fraîchement empreints, on voyait des marques fines et
légères qui annonçaient qu'un pied de femme avait aussi
effleuré cet endroit de solitude profonde.
Une lampe de cuivre, retenue par un cordon de soie rose, vacillait imperceptiblement
au milieu de la masure. Ses mèches étaient en état de donner
de la lumière, et l'on reconnaissait facilement qu'elles avaient brûlé
la précédente nuit.
A cette lampe il y avait un abat-jour comme à une lanterne sourde ; et
à cet abat-jour, un ruban, de couleur brune, attaché au seul bras
qui restât à un fauteuil ; l'autre s'était sans doute perdu
à une bataille d'années.
Sur le fauteuil, très large, et habillé d'une étoffe autrefois
velours amarante, deux places étaient marquées ; l'interstice
laissait observer que les deux personnes qui s'y asseyaient se tenaient fort
rapprochées l'une de l'autre. Bien des endroits du fauteuil étaient
couverts de poussière, tandis qu'ailleurs tout reluisait, frotté,
ciré, presque usé par les corps qui semblaient en prendre souvent
possession.
Le fauteuil faisait face à la lampe qui pendait à peu de distance
de la terre et de lui.
Outre de l'écoulement de l'eau en dehors, on entendait au-dedans du pavillon
quelque chose qui frémissait dans tous ses coins ; et quand le regard
de la lune en éclairait quelques-uns, l'oeil distinguait des objets semblables
à de larges traces d'encre bien noire, auxquelles le hasard fait des
pattes, sur la blancheur d'un papier ; des objets marchant, s'arrêtant,
puis remuant de nouveau, et marquant sous eux des traînées à
reflets comme ceux que lancent des ailes de cigale en joie, ou des bulles de
savon au soleil, ou des écailles de poisson vues à certain point
du jour, un clan d'araignées en famille, avec son trousseau de toile,
désespoir des mouches et secours des doigts coupés. L'araignée
se pavanait, là, d'indépendance, n'ayant point à redouter
ni les cris d'enfant et de femme qui décèlent sa présence,
ni alors l'époussette du valet qui l'étourdit, ni les semelles
de souliers ou de pantoufles qui l'écrasent, ni encore la langue d'une
bougie qui la brûle. L'araignée vivait là, en toute sécurité
dans son domaine poudreux. Le ver luisant ne devait pas revêtir pour elle
sa nuance d'étrange destin, sa nuance jaune. L'araignée se filait
un bonheur de soie, doux, uniforme, de tous les jours, de toutes les heures,
de chaque minute, de chaque seconde, de chaque tierce.
Des fleurs étaient effeuillées sur le fauteuil et dans tout le
pavillon. Un petit banc, recouvert d'un coussin touchait les pieds de devant
du siège de repos, et ne servait que pour la place à droite ;
du moins, on pouvait le supposer. Le bras restant du fauteuil était aussi
à droite.
Sous l'appui du petit banc, disposé en forme de tiroir, existait un coffret
en ussasi, qu'on dérangeait et remettait souvent dans sa case ; ses angles
s'émoussaient, s'esquillaient, s'arrondissaient à force d'être
touchés, retouchés, encore, encore.
Neuf heures sonnaient au moment où la lune donnait son regard où
l'araignée filait, où le ver luisant luisait.
L'eau coulait comme le temps passe, toujours.
Bientôt apparut, dans la ligne de terre et de sable d'un sentier, une
femme jeune. Sa robe était blanche et volait sous la bouche du vent.
Ses cheveux s'agitaient comme des flots dorés, sur sa poitrine pâle
comme sa robe et haletante comme ses cheveux. Sa bouche, oh ! sa bouche, vous
eussiez dit qu'elle se posait sur des lèvres, tant elle était
frémissante, tant y était appliquée cette agitation voluptueuse
qui n'existe que quand lèvres sont sur lèvres, que lorsque cœur
est sur cœur. Dans tous ses traits, il y avait toute l'espérance
; dans le plus caché de ses regards, il y avait la mort que donne souvent
un bonheur ; vous savez, cette mort qui vous arrive par un frisson qui vous
gagne, par un serrement qui lie vos veines, par cette extase qui arrête
votre vie et vous laisse la chaleur de votre sang ; vous savez ?
C'est que, voyez-vous, cette femme allait à un rendez-vous d'amour. Elle
croyait bien à Dieu, allez ; à Dieu, aux saints, aux anges, à
tout ; oh ! oui, elle croyait. Si vous aviez pu voir son cœur sauter dans
sa poitrine au milieu de ses saintes croyances, vous vous seriez dit : «Qu'a
donc cette femme ? Oh ! mais, qu'à donc cette femme ?» Et si fort
et si armé que vous eussiez été, si elle avait pu lire
vos pensées à travers votre visage, elle vous aurait répondu
: «Arrière ! arrière ! que je passe ! Je vais à mon
rendez-vous d'amour, et dussé-je en passant vous laisser une partie de
mon corps sur votre épée, plusieurs de mes os cassés, brisés,
moulus, à cette partie de mon corps, pourvu qu'il m'en reste assez pour
pouvoir porter mon cœur sur celui de mon amant ; pourvu que j'aie encore
à donner un souffle à son baiser, un sourire à sa bouche,
un regard à ses yeux, une larme à son âme ; eh bien ! que
mon sang coule après sous la pointe de votre arme ; que ma chair se sépare
et s'épanche sous son tranchant, peu m'importe, voyez-vous, peu m'importe
! Mais par grâce, mon Dieu ! mon Dieu ! que j'aille à mon rendez-vous
d'amour, que j'aille au paradis du ciel !»
Et elle allait, elle allait, la jeune femme, caressant la terre de ses pieds,
comme si elle l'eût baisée, parfumant, de son passage, les fleurs
et l'air, laissant partout un peu de ses yeux, un peu de son souffle, un peu
de son âme.
Elle disait : «Je vais donc le regarder, lui parler, l'entendre, le toucher
! Oh ! oui, j'aurai tout cela. Ma voix se mêlera à la sienne ;
mais la sienne est plus douce mille fois. Oh ! si vous l'entendiez, vraiment
il me fait mourir avec les mots de son cœur, vraiment. Vous ne pouvez penser
comment il dit : «Je t'aime !»
Non, car il ne le dit jamais et je l'entends sans cesse. Le soleil échauffe
les veines de la terre, lui calcine les miennes. Mon Dieu ! comment veux-je
donc raconter ce que j'éprouve ? Je suis bien embarrassée. Il
y a quelque chose, quand il est là, de tout transparent, de tout illuminé,
de tout suave, qui réjouit, qui étonne, qui accable. J'entends
des sons qui mordent d'abord l'oreille, puis la caressent ensuite, puis l'enveloppent
de mélodie. J'entends des baisers, cet argent des lèvres, qui
sonnent tout autour de moi ; puis des cris qui commencent, suivent, s'enflent,
ondulent et s'en vont en s'éteignant. Est-ce là ce que j'éprouve,
ce que j'entends, ce que je vois ? Non, ce ne peut être encore cela. Parfois
des images, à minces feuillés d'or, semblent passer sur ma tête
; des tourbillons d'esprits, avec des ailes qui ne font ombre nulle part, viennent
effleurer mon visage ; des rubans, à nuances d'un nombre infini, se déroulent,
s'épanchent, se froissent, brillent et tombent je ne sais où ;
un Génie que Dieu seul connaît et envoie m'entoure d'une impulsion
qui tantôt me heurte, me retient, me rend froide, me ranime, me fond.
C'est comme si je recevais trois ou quatre fois la vie, trois ou quatre fois
la mort».
La jeune femme regardait les pierres, les buissons, les herbes, et leur murmurait
ce qui s'agitait en elle.
Bientôt le sentier se perdit au lieu du pavillon, et amena la jeune femme.
Elle écouta son eau, ressentit quelque chose de bien doux, bien doux,
et sourit à son petit ver qui venait de cacher la lune.
Elle entra.
Le petit ver devenait jaune.
Aussitôt elle tomba à genoux, se signa et parut béante devant
une des places du fauteuil. Ses doigts se mêlaient doucement à
des touffes de violette et de jasmin, et séparaient de leurs tiges leurs
fleurs blanches et bleues ; puis elle les jetait sur le fauteuil comme un petit
abbé encense pour la Fête-Dieu. Une barrière pesait sur
son souffle, et un voile de larmes était à ses yeux.
Cette adoration dura à peu près le temps qu'il faut pour dire
cinq fois Pater noster, quatre fois Ave Maria...
Après quoi la jeune femme se leva, s'assit, n'alluma pas la lampe, car
déjà elle ne s'occupait plus de rien ; déjà elle
ne ressemblait plus qu'à une machine encore un peu mobile. Elle était
inquiète, haletante, entourée de frissons, car elle attendait
et personne ne venait. A peine elle sorti de sa petite cachette le coffret d'ussasi,
pour le baiser sur toutes ses faces, sur toutes ses parties, sur tous ses recoins.
Nous n'entreprendrons pas de dire ce qu'elle ressentit pendant une heure, en
ne voyant rien entrer dans le pavillon ; ce serait aussi difficile à
raconter que le monde à refaire. Nous croyons seulement qu'une lourde
fumée l'étouffait, que des dents la rongeaient, que des cordes
de feu serraient son cœur, qu'elle se débattait, languissait, se
mourait sous quelque chose d'affreux.
Tout à coup la peur la prit quand elle aperçut, un peu au-dessus
de la lampe obscure, des yeux qui regardaient.
Quelque temps, elle resta fixée au fauteuil par ces deux clous mouvants
; mais un effort subit la tira par sa robe, et la fit fuir en semant de ses
lèvres : «Oh ! s'il était mort ! Oh ! s'il allait être
mort !» Et elle courut, elle courut, et tomba sur son amant qui venait
d'être assassiné.
Il y avait sur la lampe du pavillon une chouette qui se balançait gravement
et qui, au moment de la sortie de la jeune femme, se mirait dans le petit ver.
Le lendemain, à la même heure, ce ver, qui avait jauni pour l'homme,
jaunissait pour la femme ; elle s'empoisonnait où elle était tombée.
Un rêve
C’EST
Un rêve. — Ne m’interrogez pas ; je vous le montre comme
je l’ai eu ; regardez-le : — Il m’a semblé que c’était
le soir. La fenêtre d’une chambre où je me trouvais était
ouverte. Le soleil y regardait avec des yeux mourants, et paraissait dire aux
six bâtons presque blancs qui, debout, brillaient par le haut dans la
chambre : « Lumières, vous pâlirez ! » Et en effet
le soleil et les lumières étaient comme le diamant avec le strass.
Le soleil se promenait sur un carré long de bois, sur lequel il y avait
un drap jauni par le temps, sali par les hommes. C’était aussi
l’or sur le cuivre.
Les six bâtons presque blancs, c’étaient six cierges.
Le carré long de bois était une boîte à cadavre.
Autour de la boîte, des gouttes rendaient de temps en temps le pavé
noir. Ce n’était pas du sang, c’était de l’eau
bénite.
Dieu en argent sur sa croix penchait sa tête vers le coffre cloué.
Des fleurs sur le coffre se desséchaient par la mort qui était
sous elles ; et malgré leur douce haleine soufflée en expirant,
je sentais une odeur de chair faite, l’œillet d’Inde dans un
bouquet de roses.
Une vieille femme priait à genoux.
Sa main signait son corps deux fois pour une, et sa bouche, qui déchirait
latin et français, me fit entendre cela : « C’est une jeune
fille qui est là-dedans ; mais que vous importe à vous ? Je veux
vous dire autre chose. Écoutez : j’arrache les bagues des doigts
décharnés, et quand je ne peux pas bien faire, je coupe les doigts
pour avoir les bagues. Je vends les cheveux des têtes pâles. Je
me fais des mouchoirs avec la dernière chemise. Je me coiffe avec des
bonnets qui souvent ont des taches qu’on ne peut pas ôter. Je vis
de la mort humaine. Dieu doit me prendre en pitié, mais je crois bien
qu’il ne m’exauce pas. »
Les lèvres de la vieille vivante parlaient seules dans la chambre de
la jeune fille morte.
Soudain je vois le cercueil rouler avec un bruit qui hurle,
Et les cierges qui allument le drap jaune,
Et la vieille femme qui tombe aussi, et dont les vieux os sonnent.
Le soleil disparaît.
La chambre était noir et rouge.
Je m’éveille.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Il est deux heures moins un quart du matin. La chouette chante les cadavres
sur l’appui de ma fenêtre. Son cri me met du froid partout. De l’eau
coule sur moi. Je m’affaiblis. Je me rendors.
Et je vois
Du vert-de-gris au fond d’un vase.
Et je vois
Des lumières qui s’éteignent et se rallument comme des yeux
qui se ferment et se rouvrent.
Et je vois
Sous une rangée d’arbres verts, une rangée de corps sans
tête qui pourtant ont l’air de tirer une langue dans une bouche
sans dents.
J’arrive à une voûte où des étoiles se jouent
et s’entrechoquent comme du verre qui se casse.
Et j’entends
Du fer frapper sur le bois à coups non mesurés comme le remuement
du tonnerre.
Et je vois
De grandes choses pendues s’agitant et qui ressemblaient à des
peaux humaines.
Et je sens
Une odeur qui m’étouffe...
Pourtant je reprends souffle et je recommence à voir.
Une femme s’approche de moi ; son cœur est sur sa main.
Une épée sort et rentre dans la terre tout autour d’elle.
On dirait qu’il y a à cette épée des rubans et un
œil qui regarde.
Tout à coup l’épée fait rouler vers moi la femme.
J’ai peur. Je la repousse. Elle se retourne, et j’entends du fer
frapper sur du bois à coups non mesurés comme un remuement de
tonnerre.
Et j’entends des morceaux de paroles que la femme me jette.
Et je vois dans l’air
Quatre hommes à manteaux, avec chapeaux grands, avec bâtons gros.
La femme s’élance vers eux et s’écrie : « La
Bolivarde ! la Bolivarde ! la Bolivarde ! » Je ne sais pourquoi. (Je crois
qu’elle voulait dire la mort.)
Puis elle disparaît sous les manteaux des quatre hommes.
Alors je vois Une bien jeune fille, à chevelure qui se balance et à
larmes qui tombent, courir après la femme et lui crier en me désignant
: « Mais, ma mère, qu’est-ce qu’il vous veut donc encore
? — Plus rien, répond la femme; dis-lui que je l’abandonne.
»
À ces deux mots, qui résonnèrent comme une grosse cloche
d’église, je me réveille, et je vois, à la lueur
de ma veilleuse :
Une longue ombre sans cheveux, à visage violet, avec deux yeux blancs
qui s’allongent. Elle se glisse, elle se glisse, et ses pas sont comme
du fer qui frapperait sur du bois.
Et quelque chose ainsi qu’un bras roide me jette hors de mon lit.
Je cours à ma fenêtre. Je l’ouvre. Le jour donne ; donne
quoi ? sa lumière. La chouette chante encore, mais plus loin de moi.
Je cherche la place que l’oiseau vient de quitter.
À cette place, qui est chaude, il y a une de ses plumes.
La chouette chante toujours, mais plus loin, plus loin.
Et cette plume a l’odeur qui m’étouffait dans mon rêve.
*
Si cela signifiait bien quelque chose, ce ne serait point un rêve.
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